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Société

Comment vaincre la dépression - Par Sévrine Lysimaque, psychologue clinicienne [Article invité]

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Sévrine Lysimaque est psychologue clinicienne. Elle travaille actuellement dans la protection de l'enfance, dans un Service d'Action Educative, en Milieu Ouvert. Elle est âgée de 31 ans.

Qu’est-ce que la dépression ? 
La dépression est une maladie grave affectant une personne souffrante qui peut être passagère (on parle de troubles dépressifs ou d’épisode dépressif), ou chronique. 
Elle peut concerner tous les êtres humains indépendamment de leur âge (du nourrisson jusqu’au sénior). 

Ce terme est devenu courant du fait d’une recrudescence ou d’une visibilité plus importante de cas qui peuvent s’expliquer par le mode de vie de plus en plus stressant de la société occidentale. Le terme de « burn-out » est souvent employé à la place de « dépression ». Il définirait un « ras-le-bol » ressenti par une personne par rapport à une situation précise. Selon moi, ce terme minimise quelque peu l’état de mal-être profond d’une personne dépressive et tendrait à « découper » le sujet en plusieurs tronçons distincts (professionnel, personnel, familial etc.) sachant que chaque domaine impacte sur un autre. 

La dépression doit également se différencier des troubles « maniaco-dépressifs » faisant référence à une psychose dont les troubles de l’humeur sont invalidants et peuvent entraîner une perte de contact avec la réalité. Ils se manifestent par deux phases : l’une maniaque lors de laquelle le sujet peut prendre des décisions inadaptées à cause de sa grande impulsivité (attenter un procès, achat compulsif, voyage pathologique) et l’autre, dépressive avec des idées suicidaires importantes. 

Les symptômes de la dépression peuvent se manifester par :

-Une profonde tristesse 
-Des troubles de l’estime-de-soi (dévalorisation de soi, sentiment d’infériorité, sentiment d’échec etc.) 
-Une perte d’intérêt qui peut concerner tous les domaines de la vie (familial, professionnel, loisirs...) 
-Une perte de la motivation (oisiveté) Une perte ou un gain d’appétit.
-Une baisse de la libido

-Des pensées suicidaires etc. 

La dépression peut devenir très handicapante pour le dépressif voire dangereuse car pouvant, dans les cas les plus extrêmes, le conduire au suicide. 

Plusieurs facteurs peuvent causer la dépression :


-Un choc émotionnel (deuil, perte d’un emploi, rupture amoureuse...). 
-Une exposition longue à une source de stress (notamment dans le milieu professionnel comme le harcèlement). -La remémoration de traumatismes passés (syndrome du stress post-traumatique : souvenirs de guerre, un viol, des préjudices corporels reçus etc.) 
-Un changement de vie : déménagement, grossesse etc. 

Les conséquences peuvent être multiples : 

-Perte des contacts sociaux (le sujet se repliant sur lui-même, refusant de sortir de chez lui ou étant d’une humeur difficilement supportable pour les autres etc.) 
-Perte d’une activité professionnelle Dégradation du climat familial Conduites addictives
Troubles alimentaires 
-Phobies
Passage à l’acte auto ou hétéro-agressif (scarification, suicide, infanticide etc.). 

Comment lutter contre la dépression ? 

Le temps et le soutien familial 
La personne dépressive exprime un sentiment de mal-être profond pouvant aller de la « simple lassitude », d’un inconfort lié au sentiment d’être impuissante jusqu’au désir de mourir pour éviter toute souffrance supplémentaire. 
Retrouver goût à la vie, augmenter son estime-de-soi nécessite du temps et ce temps peut être long surtout pour les proches du dépressif. 
La personne dépressive a besoin de se réparer de l’intérieur, d’accepter ses faiblesses, de reconnaître ses forces et de recommencer à s’aimer. L’erreur à ne pas faire est de la juger ou de la forcer à prendre conscience de son état : « Allez ! Lève-toi ! » « Tu ne peux pas rester comme ça » « d’autres souffrent plus que toi, tu ne te rends pas compte de la chance que tu as » ! 

Même si la première intention est de motiver le dépressif, cette façon d’agir fait naître un sentiment de culpabilité chez le sujet souffrant ce qui amplifie le mal-être. 
Il serait préférable de lui dire « tu as le droit d’être triste » « peut-être as-tu besoin de temps pour reprendre des forces » « lorsque tu seras prête, tu pourras me dire par quelle étape tu voudrais commencer et je pourrai t’aider».

Souvent il est dit « reculer pour mieux sauter » ou encore « quand vous avez touché le fond, vous ne pouvez que remonter ». La personne dépressive a besoin de prendre du recul, de s’éloigner des sources de stress, de régresser pour se retrouver. Il lui faut du temps pour Accepter ce qui lui arrive. La première étape pour conduire à la guérison est l’acceptation. 

L’idéal est de lui laisser du temps tout en restant à l’écoute et veiller à ce que son état ne se dégrade pas ou que ses décisions soient justes : qu’elle se nourrisse progressivement, qu’elle ait un arrêt de travail, qu’elle ne consomme pas d’alcool... 

Sinon, il est souhaitable de contacter un professionnel. 

Recours aux professionnels 

Malheureusement, la dépression peut réellement impacter le comportement et la vie du sujet atteint de dépression. Des antidépressifs ou des anxiolytiques peuvent être prescrits afin de stabiliser l’humeur du dépressif et éviter le risque suicidaire. Ces médicaments sont prescrits par un médecin psychiatre qui évaluera les besoins en fonction des symptômes présentés. Le médecin psychiatre peut proposer une hospitalisation du patient s’il estime que les symptômes sont trop importants et dangereux pour le patient lui-même. 

Le psychologue (ou le psychanalyste) peut intervenir pour permettre un travail d’introspection à la personne souffrante afin d’identifier les événements passés, les traumatismes vécus, les émotions ou désirs refoulés, les éventuels blocages qui sont à l’origine de symptômes ayant conduit à la dépression. 

Souvent, des blessures (émotionnelles, physiques...) imprimées depuis l’enfance sont à l’origine de dysfonctionnements, de complexes, de mal-être qui peuvent resurgir suite à un événement (deuil, choc émotionnel etc.). 

Le travail psychologique ne peut se mesurer dans le temps et dépend de l’appareil psychique du sujet : de ses défenses, ses faiblesses, ses ressources, ses représentations, ses blessures... Il dépend également de sa capacité de résilience : sa capacité à faire face à, à surmonter aux difficultés, problèmes, qui l’affecte, en lien avec ses ressources (ses forces) personnelles. 
Le psychiatre et le psychologue peuvent être consultés en cabinet privé ou dans un Centre Médico-psychologique (les consultations sont gratuites mais la liste d’attente et longue et les entretiens sont souvent trop espacés). 

Le coach en développement personnel peut s’avérer nécessaire pour aider le sujet dépressif à reprendre confiance en lui, à adhérer à de nouvelles activités, à penser une reconversion professionnelle, à se réinsérer dans la société (en cas de dépression majeure). 

Les symptômes de la dépression doivent avoir disparu ou s’être considérablement amoindris avant que la personne fasse appel aux compétences du coach afin d’être réceptive aux conseils de celui-ci et de rendre le travail plus efficient. 

Les thérapies 

Différentes thérapies peuvent soutenir le travail psychique et aider la personne dépressive à reconstruire son Estime-de-soi et à se réapproprier ses désirs. 
Les thérapies ne sont pas destinées qu’aux personnes atteintes d’une pathologie identifiée. Elles sont accessibles à tous. Elles peuvent être proposées en parallèle ou suite à un travail psychique. 

Les thérapies utilisent la plupart du temps un outil servant d’objet médiateur entre la personne et ses souffrances soit en l’aidant à projeter ses souffrances sur l’objet (réceptacle à émotions) soit en utilisant un outil pour apaiser le mental. 
Elles aident le sujet à se recentrer et l’aident également à se sentir moins dépendant du psychologue ou du psychiatre. 

La personne atteinte de dépression peut choisir l’art comme moyen d’expression de ses émotions (peinture, dessin, mandala, mosaïque, poterie etc.), les activités physiques (sport, danse etc.), la musique (musicothérapie), la sophrologie, la thérapie par le rire, la naturopathie, la zoothérapie etc. 
Les massages ou les thérapies par l’eau sont également des méthodes utilisées pour évacuer le stress et se faire plaisir. 

Les bienfaits des arbres (marche en forêt, sylvothérapie), de la méditation ou des pierres (lithothérapie) sont reconnus pour leurs effets apaisants mais aussi pour l’apport en énergie positive qu’ils procurent. 

La dépression apparaît comme signal d’alarme déclenché par le corps, par les émotions et par l’appareil psychique ne supportant plus un mal-être s’installant progressivement. 

Elle est avant tout une question de plaisir. Le sujet doit s’interroger sur ses activités, ses choix ou son vécu qui ne lui procurent pas ou ne lui ont pas procuré de plaisir (bien au contraire !).
Il est indispensable d’apprendre à se connaître et de s’écouter afin d’identifier les premiers signes de mal-être et d’éviter l’apparition d’une dépression. 

Ce travail peut être facilité par l’intervention d’un psychologue, d’un coach ou d’un thérapeute. 

Il ne faut pas oublier l’importance de la verbalisation et de l’expression des émotions car « Tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime ». 

Sévrine LYSIMAQUE - Psychologue clinicienne 

Frédéric ARRON

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